L’entropie du vivant

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Notre mode de vie nous détruit, c’est désormais une certitude. Pourtant, nous ne sommes pas obligés de renoncer ni au confort, ni à la consommation, tout est une question de manière et de contenu. Le consummérisme qui nous tue à petit feu peut être réorienté pour construire et créer.

L’entropie du Vivant

 

 

Beaucoup d’entre nous connaissent ce principe de thermodynamique concernant l’entropie qui dit que l’entropie ne peut que croître.  On peut plus simplement le présenter comme le fait que toute action dans l’Univers accroîtra le désordre.

 

On ne s’en rend pas bien compte mais en fait,  ce principe s’est longtemps appliqué au Vivant. Avec bien entendu des crises comme lors d’immenses raz-de-marées, de chutes de météorites, d’éruption volcaniques, de pollutions intenses …

Cependant, sur une vision temporelle très longue, la Vie n’existait pas jusqu’à  5 milliards d’années. Sans  l’action de l’Homme, l’ampleur et la variété des espèces vivantes n’auraient jamais cessé d’augmenter.

 

Je vais développer ci-dessous le point de vue que notre consumérisme et notre confort peuvent devenir un vecteur de développement au lieu d’être en partie destructifs du milieu.
 
Par exemple, ce CO2 que l’on conspue est un acteur majeur du vivant car contenant du Carbone et de l’Oxygène ce qui combiné à l’hydrogène est le squelette de toute la chimie organique.

 

Que se passe-t-il actuellement ?

 

Le rendement à court terme est la valeur principale, nous épuisons des ressources naturelles qui ont parfois mis des millions d’années à se former, nous les utilisons mal et la facture finale, dans un siècle, va dépasser les gains enregistrés jusqu’ici.

Le problème essentiel ne réside pas  dans les techniques, ni dans les prises de conscience mais bien dans la polarisation du débat car faire de l’éco-business peut s’avérer extrêmement profitable financièrement d’une part mais également extrêmement écologique d’un autre côté.

Aujourd’hui, nous jetons à la poubelle un trésor faute d’organisation mais créons également un manque à gagner incroyable par paresse intellectuelle.

L’ironie du discours écologique

 
Nous polluons en consommant du pétrole et du gaz naturel formé à partir des restes d’organismes carbonés ayant vécus sur Terre il y a des millions d’années. Donc, ce carbone, en le consommant, nous le rendons à la Vie et aidons à l’entropie du vivant
 

Éviter le simplisme

 
Bien entendu, j’ai parlé de consommer pas de stupidement le brûler comme nous le faisons aujourd’hui en transformant un produit organique en vil carbone minéral sous forme de CO2. Nous aurions d’une part intérêt à faire remonter le plus de gaz et de pétrole vers la surface mais en l’utilisant de manière raisonnée et intelligente afin de rendre à la nature ce carbone organique inutilement piégé mais d’un autre aussi à fixer tout ce CO2 atmosphérique qui outre l’effet de serre acidifie inutilement les océans. 
 

Comment cela risque-t-il de se passer ?

 

Les productions actuelles gardent sens pour une  cinquantaine d’années  à venir.

Par la suite l’énergie nécessaire  pour continuer à produire de cette manière va augmenter de manière exponentielle. Les coûts générés par les dérèglements divers vont se marquer de plus en plus.  La Terre est cependant très costaude et s’en remettra, il lui reste 4 à 5 milliards d’années pour le faire, sans pour autant repartir de zéro.

L’espèce humaine sera par contre dans des conditions d’existence extrêmement difficiles et peut-être proche de l’extinction en une dizaine d’années. C’est l’ampleur des catastrophes climatiques et des dépendances à la technologie qui déterminera le nombre des survivants.

Si  le parc des véhicules n’est pas rapidement remplacé, c’est le carburant qui fera défaut.

Les  pays développés ne sont plus en autosuffisance alimentaire, ce qui risque d’entraîner  des émeutes de la faim généralisées.

Les productions agricoles resteront dans les pays de production où  la terre n’appartient plus aux locaux mais aux multinationales qui produisent de manière déséquilibrée et à grand coup de technologie en épuisant des terres souvent fragiles. Là également  des troubles importants surviendront.

La pollution va dans un premier temps continuer à diminuer les productions agricoles jusqu’à régresser rapidement suite à l’arrêt des industries faute d’écoulement des stocks qui ne seront plus acheminés à l’étranger et de disponibilité de nourriture pour les ouvriers. Nous serons dans une situation absurde de sous-production à cause de la perte de rayonnement solaire mais indistribuable faute de l’acheminer à des clients capables de payer.

 

En réalité, certains de ces phénomènes ont un pic rapidement réversible mais  le profit à court terme et l’esprit d’opportunisme empêchent les actions.

Tout risque de se jouer sur un hiver, car globalement l’on ne fait plus de stock et l’on pratique le flux tendu depuis notre garde-manger jusqu’aux banques alimentaires que l’Etat ne gère quasiment plus.

Le pire scénario serait une rupture des approvisionnements en cours d’automne dans l’hémisphère Nord: les magasins vont très vite se vider et il sera impossible de semer localement pour pallier au manque en cette saison , les personnes se chauffant au mazout seront les premières touchées mais avec la possibilité de se rationner.

Les personnes se chauffant à l’électricité ou au gaz tiendront aussi longtemps que le désordre ne montera pas au point de voir l’arrêt des centrales et de la distribution de gaz ainsi que de l’eau.

Si cela se couple à un hiver très froid, les conséquences vitales  négatives seront très rapides à cause d’un manque de préparation des mentalités des gens qui in-habitués à ce type de crise risquent de paniquer et de l’aggraver.

Nos gouvernements fantoches ne réagiront pas en vue  de   préserver la population mais  pour préserver les intérêts financiers. Pendant ce temps, les pays exportateurs vont voir leurs ventes cesser, ils vont licencier, créant ainsi un chômage explosif de gens incapables de s’acheter à manger ou de cultiver, faute de terres. L’aide alimentaire cessant, les millions de réfugiés vont se retrouver dans  la famine, enflammant l’Afrique et l’Asie.

 

Seules certaines îles et l’Amérique du Sud peuvent espérer échapper au chaos mondial mais en perdant rapidement leur technologie car les productions de tous nos composants de haute technologie sont faites en Asie, là ou règneront les plus féroces combats entre les forces de l’ordre et les démunis.

 

C’est un scénario catastrophe mais cela fait déjà deux hivers que la Russie menace de provoquer ceci artificiellement. Je ne détaille pas tous les mécanismes qui créent ce cercle vicieux mais, en gros, c’est la conjonction d’une rupture de l’approvisionnement en carburant à cause de tempêtes très violentes ou de la guerre de trop, avec un hiver rigoureux et le risque de panique que génère cette situation chez des populations, soit habituées au confort,  soit  depuis trop longtemps en situation de simple survie. Le risque augmente si les gouvernements laissent faire une spéculation sur la crise ou s’avèrent trop lents à neutraliser drastiquement les spéculateurs. En 120 jours, l’Humanité peut perdre plus de la moitié de sa population.

 

Ensuite, dans la désorganisation, de vieux fléaux vont ressurgir et des accidents industriels survenir, les incendies vont apparaître, sans contrôles désormais et le chaos va engendrer des pillages et destruction de la majorité des structures. Nos forces de l’ordre sont en nombre plus réduit et moins bien équipés que certaines organisations criminelles qui pourraient tenter des coups de forces.

 

Comment l’éviter et pourquoi ?

 

Le pourquoi est le plus facile à expliquer, les nantis sont essentiellement riches en argent, peu en possessions matérielles qui sont souvent d’une valeur très relative. Cet argent est ou virtuel ou en papier monnaie, lors d’une crise majeure, sa valeur disparaît ou il risque une dévaluation substantielle pour contrer une guerre civile.

L’intérêt des spéculateurs et des industriels est donc largement plus grand encore que celui du public à éviter un scénario catastrophe, ils ont tout à y perdre.

 

Le comment est en réalité très simple, il suffit de désormais valoriser tous nos déchets même les plus humbles et de produire strictement des choses recyclables ou dégradables.

On pourrait même parler de civisme de consommation puisque chaque élément produit aura un effet positif lors de sa dégradation et aidera à convertir des éléments minéraux en éléments du vivant. En plus, les productions biologiques ont une durée de vie ou de conservation plus limitées donc leur stockage est difficile ce qui garantit une continuité de production.

 

L’exemple du pétrole et du charbon

 

En fait, le C02 est un gaz à effet de serre mais avant tout une source de carbone pour tous les organismes végétaux qui en ont besoin, avec de l’eau, pour produire des molécules organiques, c’est donc une des bases du vivant.  Le pétrole et le charbon sont donc des immobilisations du vivant, des sources de vie qui si elles restent enterrées ne servent à rien. Par contre, leur dissipation anarchique acidifie les océans et augmente la température de la Terre. Si nous faisons capter ces émanations par du vivant, cela prend tout son sens. Par contre, il semble définitivement contre-productif de le transformer en plastique, il y a bien d’autres sources pour cela et sa dégradation est problématique

 

L’exemple de nos toilettes, l’or brun

 

Imaginez que beaucoup de nos aliments font des milliers de Km pour nous parvenir et que lorsque nous les expulsons après la digestion, cela va généralement aux égouts.

 En Europe, cela passe dans des stations d’épurations et les  matières simplement digérées sont mises en décharge. En attendant, les pays producteurs ne voient revenir que des engrais chimiques qui salent la terre et non pas un fumier ou un engrais organique. Dans beaucoup de pays, les toilettes se déversent dans des canaux puis dans les cours d’eau avant de finir dans la mer. Or, la mer est immense mais dotée  d’un écosystème fragile, il lui faut cet apport organique des terres mais les quantités actuelles sont si fortes et si chimiques qu’elle subit parfois une eutrophisation intégrale qui se traduit par une insolubilisation totale dans cette eau.

Cela y compris pour l’oxygène dont le taux peut tomber à zéro et empêche brutalement toute vie autre qu’anaérobie.

Cette situation est totalement absurde car nos déjections sont extrêmement riches en éléments nutritifs pour le monde végétal et peuvent subir plusieurs traitement avant d’être épandues sur des friches industrielles, des zones érodées par le vent et la pluie ou exportées vers des pays désertiques. Certes nos déjections posent différents soucis pour être utilisées comme engrais pour les productions vivrières mais pas dans des cas de récupération pionnière d’un sol et si il est fixé dans des sciures ou autres afin de ralentir le lessivage.

Nous pouvons commencer par créer des cuves de traitement individuelles pour les maisons unifamiliales et collectives en ville ou pour les bureaux, immeubles, …

 

La première étape est de mélanger dans cette cuve des bactéries choisies afin de créer un dégradation exothermique dont la chaleur est récupérée pour l’eau chaude ou le chauffage et où l’on récupère les gaz, souvent du méthane et des sulfures d’hydrogène.

Ces gaz serviront à la cuisine ou au chauffage, ils ont l’avantage de pouvoir être facilement stockés localement après compression.

Ensuite, en gérant correctement l’eau de pluie par une citerne annexe, on purge régulièrement la cuve dans les égouts qui vont mener à une station d’épuration qui va nettoyer l’eau mais traiter le résultat afin de le rendre épandable en l’agglomérant avec des sciures, débris calcaires, brique pillée, …

Ceci doit évidemment se coupler avec une modification des produits d’entretiens vendus dans les commerces: certaines préparations devront être purement et simplement interdites, tel la fameuse « eau de javel ».

Phosphates, nitrates & Co

 
Dernèrement, l’on parlait d’un fait divers, un cavalier qui a fait un malaise et sa monture qui est décédée sur une plage française à cause des algues vertes. [1] L’hydrogène sulfuré émis par la décomposition de ces algues, à l’air libre et en bord de mer a suffi à tuer un cheval et presque son cavalier (grâce à un  secours quasi immédiat). Si nous créions des baies de décantation pour certains cours d’eau trop chargé, cultivions ces algues, nosu récoilterions alors les gaz inflammables ou pourrions convertir tout cela en bio-carburants et en nouveaux engrais.
 

Notre nourriture et ses emballages

 

Nous pourrions fortement simplifier le tri en ne produisant plus que des plastiques à base végétale et biodégradables, ainsi la poubelle générale serait simplement pour le compostage, même plus nécessairement à séparer des aliments sauf en ce qui concerne les os, les coquilles, … Ceci permettrait qu’en campagne, à part le papier/carton, les os et consorts, le verre et le métal, les poubelles deviendraient inutiles. On peut même parfaitement imaginer un système où ces emballages sont conçus pour se dégrader mais en contenant en prime une valorisation lors de leur dégradation. Les perspectives industrielles seraient énormes ainsi que les bénéficies de production, de traitement mais aussi de remise en état des sols endommagés, on pourrait même les exporter vers les zones désertifiées au lieu de les mettre en décharge ou en épandage chez nous où le mètre carré et les traitements contre la pollution se font chers.

 

Le lisier de porc et autres fumiers

 
Cette production est décriée et problématique, pourtant, si elle était mélangée à des terres propres de déblais comme lors des chantiers, dont on ne sait que faire non plus puis lyophylisée, cela fournirait un engrais parfait permettant de renoncer en domestique aux engrais chimiques et emballable en emballage carton et papier.
 
Gérer l’espace public
 
Si il était encouragé par les pouvoirs publics de planter dans l’espace public des productions vivrières en place de bons gros platanes et autres, non seulement cela serait des pièges à carbone, des endroits de biodiversité mais aussi des sources d’alimentation saisonnière … gratuite (peut-être le vrai problème sera-t-il là?).
 

Ne plus laisser les fleuves librement s’épandre dans la mer

 

Actuellement, la fonction de nourrir la mer par les fleuves est galvaudée, il y a tant de matières organiques et chimiques que les mers en meurent. En plus, nous y déversons une eau douce de plus en plus précieuse mais aussi des alluvions très riches. Si dans les zones les plus désertiques où les influences de la mer et des fleuves s’arrêtent à quelques Km, nous créions des aqueducs pour renvoyer l’eau vers l’intérieur des terres en utilisant la force du courant pour actionner des norias, ce sont des Km carrés de terres arables que nous récupérerions. Si, plus haut, il était organisé des zones de lagunages pour y faire sédimenter les alluvions pour les répandre sur les terres avoisinantes, l’engrais chimique deviendrait superflu.

 

Bien entendu, il faudrait arrêter toute pollution  des cours d’eau et l’on m’argumenterait que cela serait la ruine de l’industrie pétrochimique. Et, pourtant, rien n’est plus faux, ces industries auraient encore plus de travail qu’avant dans tous les processus de transformation mais, en plus, bénéficieraient désormais de conditions de productions stabilisées avec des sites qui ne dépendent plus de ressources épuisables et dont on peut facilement calculer les productions et les bénéfices avec des garanties à très long terme.

 

Dans les pays émergents

 

Plutôt que de continuer à nourrir des gens en camps de réfugiés où ils n’ont ni terres, ni espoir, ni destin, nous pouvons les amener à reconstruire leur milieu. De cette manière, chaque année, ce serait des personnes en moins à assister donc des coûts en moins, une amélioration de la sécurité dans ces pays et une diminution de l’émigration. Dans ces pays, actuellement, les systèmes technologiques ont peu de sens pour des raisons d’entretien, utilisation ou tout simplement de climat.

En reproduisant les systèmes de lagunages et en confiant des bêtes de somme aux réfugiés, l’on peut faire épandre les engrais à plus de cent Km de leur lieu de récolte mais également faire entretenir des milliers de bêtes de somme qui deviennent également des vecteurs du vivant. Ce qui permet de reconstituer des parcelles cultivables et protégées cette fois de l’érosion dans des régions où la productivité alimentaire est maximale mais où la fragilité des sols nous a trahi. Avec le temps, la situation évoluera et ils créeront leur propre système d’acheminement et de distribution voire des réseaux d’irrigation complets. Il suffit de fonctionner par pallier avec une première colonisation destinée aux plantes fourragères afin de nourrir les bêtes de somme, créer des bassin de retenue d’eau afin de ne plus laisser ruisseler l’eau de la saison des pluies, puis les cultures vivrières, …

 

 

Être un vecteur d’évolution

 

Aujourd’hui, l’espèce humaine a essentiellement été un mécanisme de sélection Darwinien basé sur l’utilité de l’espèce, son rendement ou sa résistance si il n’appartient pas aux deux premières catégories. On dit par contre rarement que l’Homme a été le plus fantastique acteur de l’Evolution qui ai jamais existé.

En effet, l’homme a répandu comme jamais la Nature n’avait pu le faire depuis Pangea, le continent unique des origines,  mélangeant des animaux et des plantes partout sur les 5 continents. Parfois, certes avec des résultats catastrophiques (comme avec le lapin et involontairement avec le rat) mais, souvent avec grand bonheur pour la biodiversité. Il a également forcé le croisement et l’hybridation de milliers d’espèce créant même parfois de nouvelles espèces et poussant à des mutations importantes et stables chez certaines.

Tout n’est donc pas mauvais, loin de là mais l’explosion démographique et industrielle fait que notre milieu encaisse de plus en plus mal nos déchets. Or, ces déchets n’en sont souvent pas du tout mais des trésors pour la Nature si ils sont correctement valorisés.

 

D’abord reverdir notre planète, puis l’espace

 

Dans cette optique, nous pouvons quasiment revenir au plein emploi mais aussi dynamiser des secteurs de recherches et de développement puis de production industrielle. Si les écologistes s’allient aux industriels, l’on peut moduler les compositions de tous nos emballages par exemple, rectifier des déséquilibres locaux en variant les compositions, tout en évitant d’en recréer de nouveaux. Les écologistes surveillent l’impact sur le milieu et indiquent aux industriels les variations nécessaires, ceux-ci ont alors une production garantie ainsi qu’un bénéfice du même tonneau.

Comme il faut du monde pour gérer tous ces cycles, il y aurait moins de chômage et à nouveau des postes à faible qualification disponibles, ce qui entraînera une diminution des impôts et des charges sociales. Les consommations augmenteraient, relançant un cycle vertueux où consommer serait construire notre monde.

 

Et demain, l’espace

 

Ironiquement, quand les premiers unicellulaires sont apparus sur Terre, ils n’ont probablement jamais pensé qu’un jour leur évolution donnerait un organisme aussi complexe que l’Homme, capable désormais de voyager entre les planètes.

La pression sur le milieu sur Terre ne s’arrangera pas sans un contrôle drastique des naissances cependant, une partie de la pression de production peut parfaitement être redirigée vers Mars dont la température peut être améliorée par la relance d’un écosystème ce qui est possible en une vingtaine d’années. 

Terraformer totalement Mars n’est cependant probablement pas possible à cause de sa gravité qui limite la densité de son atmosphère et du manque d’azote. Par contre, rien n’empêche d’y adapter des végétaux et de la transformer en planète fourragère pour de l’alimentaire ou simplement des composants pour les plastiques et les biocarburants, la faible gravité devenant là un atout pour réexpédier tout cela vers la Terre.

 

Quel est le bénéfice ?

 

Chaque gramme de carbone qui reste dans l’atmosphère ou qui ne sert qu’à acidifier puis durcir l’eau des océans est une perte. Idem pour l’eau douce que l’on laisse sans raison couler dans les océans alors qu’elle manque sur la terre ferme. De même pour nos déjections, celles de nos animaux et nos déchets alimentaires, tout cela peut permettre de créer et entretenir une nature luxuriante partout sur Terre et ainsi fixer l’écosystème et nous protéger des désordres environnementaux.

C’est notre intérêt à tous et les calculs à courte vue seront les pertes de demain. L’allongement de la durée de vie amène aussi un nouveau facteur, les responsables de la dégradation de notre environnement seront probablement encore vivants lors de la crise majeure qui se profile.

La lutte actuelle n’à rien avoir ni avec le bien et le mal, ni avec les idéologies, c’est simplement l’affrontement entre l’égoïsme et le fanatisme.

Une fois cette équation résolue, les deux bords découvriront qu’ils sont en fait la solution l’un de l’autre. 

 

On peut même aller plus loin, tabler sur l’industrialisation de l’entropie du Vivant, c’est à dire approcher la croissance infinie car les progrès aidant, une fois la Terre couverte, le reste du système solaire peut être à coloniser par ce concept puis le reste de l’Univers.
Je dis bien, approcher seulement car le vivant a besoin d’éléments de base dont la proportion d’existence au sein du reste du monde minéral reste faible et que nous sommes loin de la transmutation de la matière. Voir aussi les illusions de la croissance.
 
Afin que la Terre ne soit plus une planète en déclin mais le cœur d’une amplification et contamination positive   du vivant, une machine à convertir le minéral en organique et de poursuivre le destin que nous ont légués les premiers unicellulaires qui ont finalement couvert la Terre entière de leurs descendants en les améliorant au fur et à mesure tout en n’oubliant pas que nous ne sommes en rien l’aboutissement de l’Évolution, seulement son chaînon actuel.
 
Hugues CREPIN
 
Paru dans le ComMensal n°5 de mai 2010, pages 10-12

References