Au sujet de l’immobilité

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Au sujet de l’immobilité

La majorité des personnes pensent que l’immobilité est une chose évidente, voire facile.

Or, il n’en est rien, l’immobilité n’est qu’un concept et bien loin d’être une évidence. Pire encore, il est probable que l’immobilité n’existe pas ou sois impossible.

Pourtant, tous nos sens, nous disent le contraire, l’immobilité, c’est par exemple de se coucher confortablement quelque part et de ne plus bouger.

Et pourtant ….

Prenons une personne qui s’assied sur une chaise dans un lieu qu’elle ne connaît pas. Elle est à un balcon et dispose d’une vue sur la mer. Soudain, un hélicoptère apparaît, traverse son champ de vision puis disparaît, il n’allait pas très vite mais cette personne a vu passer un hélicoptère. Le pilote de l’hélicoptère est lui en mission d’observation et fait du sur-place au-dessus d’une zone tandis qu’un très grand bateau croise à proximité.

Cette personne ignorant où elle est, le bateau étant grand et moderne mais aussi sa vision limitée, elle a cru voir se déplacer quelque chose alors que c’était elle qui se déplaçait, le manque de points de repère ne lui permettant pas de percevoir son propre déplacement.

J’entends d’ici votre rire et l’exclamation «exemple extrême».

Pourtant, le pilote de l’hélicoptère est bel et bien immobile, lui.

Et bien, non, il est soumis à deux mouvement distincts: la rotation de la Terre sur elle-même (1666 km/h à peu près soit une fois et demie la vitesse du son) d’une part puis l’orbite de la Terre autour du soleil (106164 km/h à peu près).1

Notre pilote n’est donc qu’immobile par rapport à la Terre mais cette immobilité lui impose une trajectoire parallèle à celle de la Terre qui tourne autour du soleil. Lui, en tant que point distinct fait une spirale elliptique autour du soleil.

L’immobilité est donc un concept relatif, on est immobile par rapport à quelque chose.

Notre propre système solaire est en rotation au sein de la Voie Lactée donc encore un mouvement. Tous ces mouvements semblent de plus en plus rapides (ici à peu près 800.000 km/h)mais il n’en est rien, ce sont des mouvements à l’échelle du système dont on parle. 2

Faites un coup de karaté, cela va de quelques centimètres à la longueur d’un membre donc l’ordre du mètre, cela à l’air fulgurant à proximité, mettez-vous à 5 mètres, vous le percevez mieux, mettez-vous à 50 mètres, vous ne voyez même plus qu’il a eu lieu. Cet exemple est là pour souligner que ces vitesses sont appropriées à l’échelle d’observation. D’autant que dans cet exemple, le coup n’a de sens que pour un autre corps à proximité ainsi que les mouvements browniens n’ont-ils de sens et de vitesse qu’au sein d’un réceptacle limité.

Notre hélicoptère dépense pourtant de l’énergie pour se maintenir, à cause de la force de gravité qui l’attire, si il se pose, son déplacement se confond avec celui de la Terre, si il décolle, son emplacement devient distinct de celui de la Terre et il entame donc une spirale autour d’un axe circulaire vis-à-vis du soleil. Le soleil ayant lui-même une trajectoire circulaire au sein d’une Voie Lactée animée également d’un mouvement de déplacement, l’immobilité perd alors tout son sens.

Prenons un corps qui s’éloigne de la Terre, il est chargé d’une énergie potentielle qui le relie à la Terre, jusqu’à la vitesse et l’altitude de libération. Cependant, soit il conserve une partie de cette énergie en restant à proximité de la Terre dont il continue à dépendre, soit il s’en affranchi mais est alors dans l’énergie potentielle du Soleil donc si il «s’immobilise» vis-à-vis de la Terre, il va la voir s’éloigner à plus de 100.000 km par heure mais il n’est immobile que vis-à-vis du soleil.

Le concept d’immobilité est donc de fournir une énergie destinée à mettre son vecteur vitesse en ligne avec un autre vecteur de référence. Cependant, du point de vue de la Voie Lactée voire spatial, il n’est toujours pas immobile. L’espace ne disposant pas de point de repère fixe, nous sommes incapables de déterminer notre propre vitesse, seulement celle des autres objets autour de nous. Seulement voilà, un objet serait-il parfaitement immobile que nous ne le percevrions pas, nous allons définir sa vitesse et sa trajectoire alors que c’est nous qui bougeons. C’est d’ailleurs tout le sens de la révolution Copernicienne 3et de son modèle héliocentriste que d’avoir simplifié la représentation spatiale, jusque là, les planètes et le soleil avaient tous des trajectoires en tire-bouchon complètement délirantes et extrêmement complexes.4

Mettre le soleil au centre de planètes créait évidemment un modèle clair, précis, prédictible et calculable. Mais nous avons le même problème en dehors, en pire, car l’espace ne nous offre pas de point central et l’origine de l’Univers nous reste encore inaccessible. La seule limite de vitesse théorique reste encore la vitesse de la lumière, encore que deux galaxies d’éloignant en sens inverse pourraient théoriquement avoir une vitesse d’éloignement de deux fois la vitesse lumière, ce qui signifie, en pratique que deux objets dont la somme des vecteurs d’éloignement dépasse la vitesse lumière ne se voient pas puisque la vitesse des rayonnement qu’ils émettent est inférieure à leur vitesse d’éloignement réciproque.

Songeons encore que la chaleur n’est qu’une forme d’agitation de nos atomes et molécules, illustrée par le mouvement brownien. Donc, la chaleur et notre survie ne dépend que d’une vitesse intérieure infime mais, là, généralement sur un modèle anarchique au sein de systèmes confinés.

L’Univers répond aux lois de Newton quant à ses dépendances mais la vitesse introduit aux lois d’Einstein quant à la relativité. Ceci implique que l’écoulement du temps dépend de la vitesse. Cela a été testé avec les satellites mais toujours pas complètement, Einstein postule également que la gravité, si elle augmente ou diminue équivaut à des changements de vitesse. Les accélérateurs de particules permettent d’atteindre la vitesse de la lumière or on ne sait pas observer des modifications temporelles sur une particule. Les expériences avec des satellites sont actuellement remise en cause et sont prévus de nouveaux essais en 2014 pour valider ou invalider la relativité générale même si des progrès en matière d’horloges atomiques auraient permis de confirmer définitivement la théorie. 5

Toujours est-elle que le modèle de la relativité quant à la vitesse présente un sérieux défaut: la vitesse par rapport à quoi dans la mesure où nous sommes nous-mêmes actuellement incapable de calculer notre propre vitesse et notre trajectoire absolues.

Nous restons prisonniers d’un système relatif comme les molécules de notre corps dans leur agitation ne perçoivent pas plus les déplacements de ce corps.

J’avais, il y a deux ans, écrit un petit article sur l’astrophysique «Un univers à la foi fini et infini»: https://hcrepin.wordpress.com/article/un-univers-a-la-fois-fini-et-infini-3840f7pxozc5c-31/

(http://tinyurl.com/bazsht2) .

J’en profite pour y apporter un petit complément quant à l’expansion ou non de l’Univers. Nous savons que la gravité est une force donc nous ignorons exactement la Nature mais elle est néanmoins liée à la vitesse, il s’agirait peut-être simple d’énergie potentielle liée à la force d’inertie.

Celui qui réussirait à créer un dispositif d’immobilisation serait donc catapulté instantanément car devenant indépendant de toutes les force d’influence, il verrait donc tout l’Univers bouillonner furieusement autour de lui découvrant par là-même les vraies relations entre les choses.

Ceci dit, la relativité lie aussi la vitesse au temps, la gravité est liée au temps et une matière noire 6semble encourager en permanence la dilatation de l’Univers.

Or et si cette matière noire n’était jamais que la matérialisation du temps, que le temps n’existerait pas en tant que tel mais ne serait qu’une projection de matière et la matière noire le «déchet» du passé? L’idée n’est sûrement pas parfaite mais serait déjà moins intrigante que cette notion actuelle que nous sommes un simple univers où des objets traversent le temps. Si le temps n’était qu’une forme de projection permanente alors cela expliquerait plus aisément la matière noire d’une part mais aussi sa relation avec la vitesse.

Mais la vitesse par rapport à quoi? Là reste encore toute la question.

Et contrairement à toutes les théories actuelles, l‘Univers Newtonien me semble tout à fait aussi compatible avec l’Univers Einsteinien ou encore la théorie des cordes que le Lamarckisme complète le Darwinisme.

Je pense que l’erreur est de de tordre un système à l’extrême que pour essayer d’y rester alors que souvent la complexité n’est qu’apparente. Bien souvent, une situation semble complexe si elle est observée sans analyse ni réduction mais peut devenir extrêmement simple si l’on découvre quels sont les phénomènes simples qui se combinent pour obtenir un tel résultat.

Imaginez l’observation isolée de notre Terre depuis un point arbitraire de l’espace et avec un vecteur de direction et de vitesse quelconque. Pour l’observateur qui regarderait la Terre, sa vitesse semblerait relativement constante mais sa trajectoire semblerait totalement erratique. Retirez la trajectoire de la Voie Lactée, cela se stabilise un peu, retirez la trajectoire du Système solaire, cela devient parfaitement compréhensible.

Naviguer dans l’espace n’a donc pas directement avoir avec un déplacement, dans certains cas , on pourrait se lancer de manière à ce que votre destination vous tombe dessus, parfois, il faudrait progressivement se caler d’un système de référence à un autre, comme on change de vitesse sur une voiture. L’analogie est juste également parce que chaque système de référence correspond à des vitesses et des distances qui leur sont propres.

Et l’immobilité dans tout cela? Ben, justement, on ne la retrouve pas.

Tout comme finalement le cercle qui n’est jamais qu’une spirale ou une hélice « infinie », à l’équilibre et qui variera selon les paramètres. Observé dans le temps et l’espace d’ailleurs les trajectoires se transforment bien vite en hélices et que ce que nous percevons comme rond et régulier n’est jamais qu’un projection simplifiée de la réalité.

Hugues CREPIN

Publié dans le ComMensal n°2, février 2013 de l’association MensaBe

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Un commentaire

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  1. Marc

    Réflexions intéressantes.

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