SDF au Bois de Boulogne entre hystérie locale et gabegie politique

Un fait divers enflamme actuellement le XVIème arrondissement de Paris et crée un clivage gauche/droite assez intense où chacun ne voit l’humain qu’à sa porte. Mais au total comment le lecteur lambda peut-il se faire une opinion sans nécessairement aller sur place ainsi que prendre connaissance des détails du projet qui semblent d’ailleurs bien peu fixé?

Les arguments du préfet sont assez stupéfiant aussi de la légèreté de gestion des autorités:
« « Il est normal que le XVIe arrondissement ait aussi un centre d’urgence. C’est tellement ringard d’être contre. Avec l’expérience, je sais que le voisinage finit toujours par fraterniser avec les occupants de ces centres », réagit Jean-François Carenco. »

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75016/paris-en-guerre-contre-le-centre-pour-sdf-du-bois-de-boulogne-08-02-2016-5527235.php
Hystérie ? Quand on fait des recherches sur le sujet, tous les articles traitent des problèmes avec les riverains mais on n’en trouve aucun pour présenter le projet ce qui met d’ailleurs mal à l’aise que les autorités défendent à ce point l’idée mais sans description même générale de ce qui sera or selon le type de projet, la situation change du tout au tout.

Un peu d’histoire …
Acte I : réaction à l’augmentation des sans-abris à Paris à cause des migrations, juin-juillet
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150805.OBS3742/migrants-a-paris-la-mairie-a-t-elle-pousse-les-murs.html
Globalement, des occupations ont lieu, des gens dorment dans les rues et l’idée de centres d’hébergement d’urgence germe, nous sommes en été et l’ouverture est prévue pour Décembre, avant l’hiver. Des propositions allant jusqu’à 4000 place un peu partout sont faites et certains sites pressentis, on parle bien de migrants.

Acte II : L’endroit est choisi et on commence à parler chiffre mais aussi mixité, septembre-octobre
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/13/a-paris-bientot-des-migrants-et-des-sans-abri-loges-dans-le-16e_4788395_3224.html
On parle ici déjà de l’allée des Fortifications mais on pense ou au côté 11-41 avenue du Maréchal Maunoury à Auteuil ou de l’autre côté, vers la piscine d’Auteuil. On parle que la ville cède une portion de terrain de 100 à 200 mètres de long pour permettre de petites maisons en bois pour 200 à 300 personnes, migrants et/ou SDF.
Entretemps, un fait annexe a aussi son importance dans cette affaire, le SAMU social, le 115, subit une crise et rencontre des saturations dans ses maraudes sociales, la crise est forte et son directeur monsieur Eric Pliez n’en sort plus, ce détail aura aussi son importance car cet homme est aussi le président de l’association Aurore, président de la commission nationale Emploi-Formation à la Fnars et trésorier de Garances, un fonds territorial de Seine-St-Denis pour la création de TPE.

Acte III : le projet est retoqué et modifié, décembre-février
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/12/13/01016-20151213ARTFIG00129-un-camp-pour-migrants-et-sdf-au-bord-du-bois-de-boulogne.php
« Des migrants, a-t-on dit au début, «des SDF», rectifie aujourd’hui Anne Hidalgo. ». Le permis de construire est refusé malgré une intervention de Ségolène Royal et le projet mute désormais sur des containers mis sur la voie publique. Claude Goasguen, le maire du XVIe arrondissement, prétend avoir proposé des lieux alternatifs (‘ancien musée des arts populaires avec ses éventuels problèmes d’amiante, ou des hébergements « sur des barges » sur la Seine).
Désormais on parle de 6 modules type Portakabin sur deux étages avec des zones cusine et sanitaire posée sur la voirie de l’allée sur 150 mètres qui sera condamnée bien évidemment en entier pour des raisons d’encombrement et de sécurité (elle mesure cependant de l’ordre de 450 mètres, ce n’est donc pas une donnée négligeable). La piste cyclable sera interrompue et 170 places de parking perdues. Le projet va être voté tel quel malgré une opposition plus que massive des riverains.
La durée initiale de 5 ans est ramenée à 3 ans et on pense commencer en février.
Acte IV : les cailleras bourgeois, mars
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75016/centre-pour-sdf-du-bois-de-boulogne-les-voyous-du-xvie-moques-sur-twitter-15-03-2016-5628715.php
Une séance d’information tourne presque à l’émeute en moins de 15 minutes, plus d’un millier de personnes sont venues et la tension est forte, des insultes surprenantes dans la bouche d’un public instruit, éduqué voire parfois âgé fuse. Le divorce est total, Anne Hidalgo reçoit jusqu’au soutien de Manuel Valls le premier ministre, cet hébergement se fera de gré ou de force et la mairie de Paris explicite qu’il n’y a aucune discussion ou concession possible, c’est prévu pour l’été 2016.
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75016/centre-pour-sdf-dans-le-xvie-la-mairie-de-paris-et-le-gouvernement-determines-15-03-2016-5629103.php
Par contre la description du public-cible change un peu dans le communiqué officiel :
« jusqu’à 200 personnes, individus «isolés» (100) ou «familles (100 personnes) qui rencontrent des difficultés sociales importantes» qui seront essentiellement orientés par le SAMU social, le 115.

Quelques données intéressantes :
Ce projet de près de 5 millions d’euros pour 200 places reprend 2×6 modules d’hébergement et de facilités de type sanitaires et cuisine.
Le projet sera géré par l’association Aurore (qui date de 1871) et qui a le même dirigeant que le SAMU social, Éric Pliez mais force est de constater que l’homme est expérimenté, pondéré dans ses discours et vierge de toute condamnation voire d’accusation donc à priori intègre et compétent.
Le XVI arrondissement ne comprend que 3.7% de logements sociaux et 18 logements d’accueil, ils sont donc loin de toute solidarité ni d’une suffisance.
10% seulement du XVIème paie l’ISF malgré un des arrondissements les plus prospères de la capitale.
Aucune description concernant la scolarisation des mineurs non plus
Cette zone de Paris est aussi le célèbre Bois de Boulogne avec toute sa prostitution colorée
La zone est vide de commerce, de structure d’accueil pendant la journée et d’occupation autre que le parc
Cet endroit est bien situé sur une zone de maraude sociale très active donc y rapatrier des sans-abris du 115 a tout son sens
Le patrimoine immobilier sera déprécié considérablement par l’action et avec une somme totale largement supérieure à 5 millions, les logements les plus proches seront tout simplement invendables, ce n’est pas juste mais c’est la réalité du système.
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75016/feu-vert-a-la-creation-d-un-centre-pour-sdf-dans-le-bois-de-boulogne-16-12-2015-5378347.php

http://aurore.asso.fr/organisation

Peu de données précises:

https://www.dropbox.com/s/agz2gvrtli20jzu/2015%2012%2011%20Projet%20de%20d%C3%A9liberation%20Ville%20de%20Paris%20Aurore%20Algecos%20Maunoury.pdf?dl=0

https://www.dropbox.com/s/zm7iychw41us0io/2015%2011%2013%20Permis%20de%20construire%20pr%C3%A9caire%20Algecos%20Aurore%20Maunoury%20MEP%20DPC-Comission%20des%20sites-151116%281%29.pdf?dl=0

Même le projet global semble très partiel pas pensé en global, ils sont là et après?

 

Mais qu’est-ce qu’un SDF ?
C’est un terme fabuleux dont on ne peut jamais discuter le contenu sous peine d’injures et de haine pourtant, il contient bien des choses.
Un SDF est un sans domicile fixe donc pas nécessairement un sans-abri ou pas un sans-abri permanent.
Á l’origine le SDF est un vagabond, un pauvre déraciné, ou un artisan ou musicien itinérant voire quelques marginaux, c’est la lie de la société, on enferme les pauvres et les marginaux voire on les exécute.
Il va devenir dans l’imaginaire collectif le clochard car le nombre de vagabond va chuter au début du XXème siècle, question d’époque.
Les premiers SDF sont en réalités les nomades ou gens du voyage, cela tombe en désuétude mais reste toujours valide sur le plan légal, ils ne sont donc pas concernés et font partie d’une autre problématique causée par le télescopage entre des traditions nomades et un monde moderne basé sur des règles, de la normalisation et la propriété totale de tout le territoire.
Le second groupe, ce sont des citoyens n’ayant pas de logement à cause de la crise locative, l’accès au logement même locatif très difficile en France ou des insuffisances financières. Ils peuvent être sans-abris occasionnels mais souvent même jamais.
Ensuite viennent les collectivités coopératives légales ou de squatteurs mais composées de gens volontaires à ce mode de vie, souvent militants mais c’est un groupe spécifique, activiste et peu nombreux qui refusent l’esclavage de l’Etat et de la société de consommation.
Viennent ensuite les sans-abris qui regroupent presque autant de catégories que de personnes, on ne peut donc parler que de certains jamais de tous, en France, ils sont de l’ordre de 130.000 personnes avec 80% d’hommes et 40% d’étrangers avec désormais 45% de familles :
Les gens expulsés de leur logement et sans entourage pour les dépanner
Les fugueurs, souvent mineurs
Les étrangers sans papiers (même avec de l’argent, on ne peut pas louer de chambre d’hôtel sans papiers d’identité)
Des illégaux en fuite devant les procédures d’expulsions
Des alcooliques et/ou toxicomanes en perdition (ou qui le sont devenu en devenant SDF)
Des déments errants abandonnés par tous et oubliés jusqu’à qu’ils en crèvent
Des criblés de dettes qui n’ont plus rien
Des divorcés en dérive
Des séparations brutales et improvisées
Des personnes dont la rupture administrative est devenue totale
Des personnes ayant perdu leur logement par accident ou autre
Des personnes incapables de décrocher un logement malgré tous leurs efforts et qui n’ont pas les moyens de payer en permanence l’hôtel
Des criminels en cavale (l’invisibilité sociale du sans-abri en tente certains ou ils ont perdu leurs derniers moyens de subsistance)
La dépression et le burnout commencent à mener des gens à la rue comme mus par un appel
Certains activistes sont des sans-abris volontaires comme chez certains « No Borders » mais là encore c’est une frange ultra-minoritaire. Il existe aussi des mouvements de jeunes qui ont décidé de vivre dehors avec les surplus de nos sociétés, désirant la rupture d’avec des valeurs qu’ils rejettent.
….
http://www.scienceshumaines.com/qui-sont-les-sans-domicile-fixe_fr_2812.html
http://www.lien-social.com/qui-sont-les-sdf
http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_2002_num_57_3_16872
http://www.tpesdf.sitew.fr/Qui_sont_ils_.M.htm#Qui_sont_ils_.M

Au total donc, c’est varié et compliqué, il y a surtout une constante, rattraper un sans-abri de quelques jours peut être parfois simple mais dès que la situation dure et que les premières pertes d’objets personnels vitaux se font, combinées à une perte d’hygiène, la situation s’ancre très vite et l’entrée dans le monde des sans-abri se fait.
Une fois que la personne est muée en sans-abri et a intégré les codes et les groupes sociaux de la rue, peu importe les raisons de sa situation, il peut falloir parfois 3 ans d’efforts pour qu’un sdf qui a décidé de passer à autre chose soit suffisamment régénéré que pour être redevenu autonome dans notre société.

Ces infirmiers qui sortent les sans-abri de la rue

On dit souvent que le premier besoin d’un sans-abri est d’avoir un toit, c’est une pensée primaire et pas vraiment exacte, un sans-abri désire avant tout deux choses essentielles :
Un endroit où on lui fout la paix et un casier fermé à clef pour stocker ses biens.
Donnez-lui les deux et ses premières urgences vitales sont remplies mais il n’a pas toujours envie d’un toit, d’un refuge, d’un retour aux règles de la société, …
On ne ramènera jamais tous les sans-abris non plus, certains ne veulent pas ou ne veulent plus, tout dépend du caractère et des expériences de vie. On leur doit le respect aussi, le premier étant de les écouter de ne pas les contraindre.
Après, évidemment, nourriture et hygiène sont précieux mais déjà plus complexe et nos sociétés se heurtent aussi à un problème simple : la responsabilité.
Les règles et la sécurité imposent souvent des structures inadaptées aux sans-abris et on est parfois empêché ou interdit d’offrir un cadre qui est désiré mais qui sera illégal, dangereux ou refusé par la société. Les solutions d’hébergement collectifs sont très compliquées à gérer et leurs règles de fonctionnement amène parfois à du kafkaïen ainsi un refuge complet peut très bien laisser à la mort des SDF parce que la norme et la sécurité sont en jeu. Cela dit aussi, parfois, en accepter plus met les autres en danger, c’est complexe et comme il ne s’agit pas de groupes homogènes et avec pas mal de conflits et de rivalités, on fait souvent au mieux sans pour autant atteindre le meilleur.
Un autre point aussi que les refuges ne sont pas permanents donc si le sans-abri sort de la rue, il perd sa place, son réseau, une partie de ses affaires et la question des animaux se pose aussi.
http://www.liberation.fr/societe/2014/12/30/les-sdf-en-allant-en-centre-d-accueil-ont-peur-de-perdre-leur-place-dans-la-rue_1172022

 

Le côté surtout dommage c’est que cette question est surtout une dispute gauche/droite et que majoritairement, c’est assez mal géré à cause du syndrome mère Thérésa.
Il faut faire attention à ne pas aider pour des raisons idéologiques mais aider pour une personne, pour un humain, dans le même sens, on aime les gens, ne pas les aimer parce qu’ils sont pauvres sinon les dérives et névroses sont inévitables.
On n’aide pas non plus pour le Paradis, son karma pour de l’avancement voire du prestige, on aide pour aider.
Après cette énumération, vous admettrez avec moi que les propos des autorités sont tout sauf clair, ils veulent rassurer mais la définition de leurs mots permet tout et n’importe quoi.

Les problèmes potentiels de cette situation:
Des gens restent avec des logements sur les bras devenus invendables ou trop dépréciés ce qui signifie que s’ils sont dans une impasse financière, ils pourraient eux-mêmes devenir SDF.
La guerre gauche/droite sur le sujet parasite l’aide et l’on soupçonne le lieu d’être une mesure punitive de la gauche envers un public de droite mais aussi pour essayer de renouer avec la gauche de la gauche, ils ne seraient alors en fait que des pions pour des enjeux politiques.
Avant la refonte, il était soupçonné que ceci aurait permis une mutation d’une zone verte protégée en zone constructible et donc avec un enjeu spéculatif, il n’en sera rien, on va utiliser la chaussée donc probablement ne même pas toucher aux pelouses et aux arbres.
On utilise 150 mètres sur une allée de 450 mètres, il est donc à craindre un triplement de la structure en douce
170 personnes vont perdre leur voiture, on est à Paris, ils ne trouveront pas de places ailleurs, cela semble futile et mesquin mais c’est un impact fort et direct
La proximité de la piscine peut potentiellement être un problème mais comme ce sont des logements réduits, les gens n’y passent que la nuit, la journée ils doivent se trouver des lieux ailleurs, impossible de rester à l’intérieur avec une telle densité de population
C’est une zone bourgeoise assez riche donc aucun commerce utilitaire ni d’occupation à proximité, c’est un désert social et commercial
La zone proche de prostitution amène à une complexité de gestion
Paris manque clairement d’espace et en terme de sécurité, récupéré de grands bâtiments pose des problèmes en terme d’hygiène, risque d’incendie mais aussi d’infiltration par la pègre

Analysons aussi le lieu :
C’est un lieu assez dégagé ce qui est un bien parce qu’une partie des entrées se fera la nuit et via le SAMU social donc il faut pouvoir s’arrêter, débarquer, faire l’admission mais cela signifie aussi qu’une partie des bâtiments sera réservée aux gestionnaires et à l’administration. Par contre, même si ce lieu est vide de commerces et de structures, la journée il est assez vide et calme.
Malheureusement, une petite recherche GPS montre aussi que le carrefour Allée des Fortifications avec le prolongement de l’Avenue de l’Hippodrome est un lieu d’embouteillage donc encombré et bruyant, les transferts en journée ne seront pas évidents.
D’autre part on parle d’un logement d’urgence alimenté essentiellement par le SAMU social ce qui signifie clairement des inconnus parfois SDF d’un jour parfois pas et sans suivi ou connaissance du public, on ne va donc pas parler de possible intégration dans le quartier vu ce qui est prévu mais plus encore cela signifie un vacarme incessant des admissions, les problèmes de personnes qui pètent un câble, les malaises, … Alors on peut parler du bruit pour le quartier certes mais pour les occupants non plus ce n’est pas évident non plus de dormir dans des conditions pareilles surtout que c’est une très grosse structure pour un accueil aussi éphémère, ce sera très compliqué à gérer et il faudrait normalement des espaces tampons, des zones d’admissions, des séparations entre les pensionnaires identifiés et les nouveaux dont on ne connait pas l’état et les incompatibilités, … Le lieu n’est donc pas terrible et le musée beaucoup plus facile à valoriser.
La grosse probabilité aussi est que ce refuge sera fermé la journée donc les gens sortiront et rentreront en masse en ce lieu assez embouteillé et posant un problème de pudeur et de stigmatisation aussi.
Par contre, étant situé sur les marges d’une zone de maraude, cela permet de mettre les gens à l’abri sans les éloigner trop de leur zone de « confort » et ça c’est important pour le bon fonctionnement.
Pudeur ?
Le sans-abri n’a déjà plus grand’chose mais ici avec une structure donnant directement sur une chaussée, en lieu dégagé, c’est vraiment très stigmatisant pour les occupants. Je ne dis pas que les structures doivent être invisibles mais une discrétion s’impose afin que les gens puissent entrer et sortir sans vraiment attirer l’attention, c’est plus facile pour eux et certains travailleurs qui sont sans-abris n’iront pas si ils risquent d’être reconnu ou en se sentant scrutés par les automobilistes.

Et au final, la faute à qui ?
Les politiques de gauche ont raconté n’importe quoi, ont des plannings filants et ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent comme public or c’est le public qui définit le contenu du projet puisque chaque public à ses besoins propres. Imposer une mixité sociale aussi brutale et contrastée ne peut que mener au conflit et fait songer à une instrumentalisation des sans-abris pour des motifs divers.
Le projet est aussi très gros en termes de population et très massif en termes de visibilité.
Les politiques de droite n’ont pas joué leur rôle social, pas même le minimum syndical de structures d’accueil ou de mixité sociale donc quelque part, étant de mauvaise foi, c’est un peu logique qu’ils ne soient plus écoutés.
La presse a extrêmement mal informé et mis de l’huile sur le feu, elle n’a pas non plus enquêté sur le projet ni fait de travail d’analyse.
On ne va pas dire que la population locale soit très ouverte ni très accueillante.
Les associations n’ont pas informé sur le contenu du projet ni aidé à finaliser des règles et un cadre clair.
Les arguments écolos n’ont aucun sens, on reste sur la chaussée et donc l’affectation du sol ne sera pas modifiée.

C’est donc un gros projet, très conflictuel là où pourtant des synergies de vie vu le nombre de seniors et de famille sont présents et qui aurait permis des projets de réinsertion amenant des contacts réciproques, les uns ayant besoin des autres.
Globalement, il n’a pas l’air de très grande qualité ni de se soucier tellement des intérêts des sans-abris, ça ressemble plus à un bricolage idéologique qu’autre chose.

Pourtant il faudrait augmenter le logement social, il faut des structures d’hébergement et Paris étant trop densément construit, les alternatives ne sont pas évidentes.
Le budget de 4.8 millions d’euros n’a aucun sens, trop pour la construction, trop peu pour le fonctionnement sur 3 ans, on peut donc craindre des détournements de fonds assez massifs grâce à ce projet.

Ironiquement, on aurait pu désamianter une partie du musée avec cette somme et avoir là un investissement durable et de qualité alors qu’ici c’est à fonds perdus sur 3 ans.
http://www.lejdd.fr/JDD-Paris/Le-musee-national-des-arts-et-traditions-populaires-naufrage-du-bois-de-Boulogne-703556
Maintenant, ne pas mettre des SDF dans un musée par crainte de l’amiante mais les laisser dans la rue reflète quand même une drôle d’époque et de sens des responsabilités …
Le maire de droite semble donc ici à la limite plus crédible que les élus de gauche (sauf pour ses péniches, là on sombre dans le ridicule).
Le projet tel quel ne me semble pas avoir aucune logique sauf sur le plan politique.

Infaisable, incompétence?

Infaisable, non, incompétence, oui car le lieu est intéressant mais pour du logement de transition, pas du logement d’urgence.
Ainsi, réquisitionner cette allée pour créer une série de petits pavillons préfabriqués pour héberger des familles sdf sur du moyen terme serait intéressant et là, pourrait se tisser effectivement des relations ainsi que quand l’emploi est le problème des opportunités progressives via des offres de service vu que le quartier est une zone en besoin de services et avec un public bourgeois et souvent paresseux ou n’ayant pas le temps pour beaucoup d’aspects de la vie quotidienne.
En Belgique, une société propose déjà des containers habillés et aménagés pour 35000 euros sur 25 m², ils proposent aussi des modèles sur 15 m² et complets pour 2 personnes.
Donc ce lieu peut parfaitement abriter en logements temporaires de l’ordre de 200 unités de logements pour 400 à 600 personnes.
http://www.visionr.pro/habitation-modulaire/
http://www.visionr.pro/habitation-modulaire/#p9n3a3-jpg
Coût total du projet : de l’ordre de 4 millions d’euros pour du logement esthétique, un intérieur de qualité et sans être des bétaillères.
Mais, ironiquement, ça n’ira pas parce que ce serait mettre pour le même prix des gens dans du confort, de la qualité, au contact avec des petits emplois leur permettant de récupérer leur vie par eux-mêmes.
Donc on va faire chier du bourgeois et casser le prix de leurs logements pour mettre des sdf dans le bruit, la stigmatisation et les obliger tous les jours à se disperser dans tous les coins parce que entasser 200 personnes dans 8-10 Algeco ou containers, ça ne tient pas la route et que de toute manière, ils doivent où mendier, chercher une solution administrative, faire des courses dans des commerces aux tarifs dans leurs moyens, aller travailler ou chercher du boulot et qu’on les a largués dans le « désert ».
Habitation container

4 commentaires

Comments RSS
  1. Martin

    Bonjour, des membres d’associations de défense du bois de Boulogne souhaitent vous rencontrer.
    Qu’en pensez vous?
    Cordialement.
    Martin

    • Hugues CREPIN

      Bonjour, ce sera peut-être compliqué de se réunir physiquement mais ils peuvent me contacter pour voir ce que l’on peut faire. Sincèrement vôtre. Hugues CREPIN

  2. Isabelle

    Je vous ai cité dans mon dernier article « Paris, le piège de la piste démolie »

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