Communisme de droite

· Analyse, économie, politique

 

 

Il était une fois, dix beaux jeunes gens issus de la meilleure école de business du pays et dont les parents n’avaient pas dû monnayer trop cher leur diplôme. S’étant liés d’amitié et se sentant des affinités communes, ils firent fructifier leur patrimoine pre-mortem en actions et numéraires afin de faire partie des conseils d’administration de dix belles sociétés bien florissantes. Le conte de fée fut total après un certains temps car grappillant et économisant bravement sur leurs Porches, Audi et Ferrari, ils purent bientôt y disposer de la majorité des sièges et donc se nommer les uns les autres au poste de Président Directeur Général de chaque de ces sociétés. Puis, gérant sainement les dividendes et les warrants afin de reprendre le maximum de parts, arrivèrent tout aussi vite à occuper chaque fois 9 sièges du conseil d’administration de chacune de ces sociétés, le dixième devenant chaque fois le PDG de ladite société.

À partir de là, le bonheur fut absolu d’autant que les syndicats ou manquaient de puissance ou se laissaient acheter et ils purent commencer à tout bien mettre en coupe réglée, réduire les effectifs progressivement mais également placer tous leurs familiers.

Quand les problèmes de gestion devenaient trop criants, le système était simple, le PDG démissionnait, changeait sa place avec un autre PDG d’une autre société à ce moment-là le plus en délicatesse et ils s’échangeaient leur part, repassant ainsi dans le conseil d’administration de la société dont ils avaient quitté la place de PDG.

Ainsi commença une faste ère d’une durée de toute une génération où toutes ces sociétés devinrent avec une ambiance amicale et familiale dans tous les postes à responsabilités et avec l’introduction des nouveaux par le bas de l’échelle comme espions.  Las, il se fit qu’ils avaient oublié un facteur dans leurs calculs, leur cercle social s’élargissant sans cesse, la proportion d’employés indépendants baissa mais surtout leur motivation faute d’écoute et de chance de promotion.

Mais, qu’importe, il suffisait d’engager régulièrement de la viande fraîche pour faire tourner à plein régime ces bonnes et grasses entreprises. Ainsi allèrent-ils gaiement entraînant tous leurs pairs dans une fête sans fin et redistribuant les profits en leur sein, ou  ce qui valait encore mieux, le dissiper en frais internes plutôt que de le gaspiller en impôts. Les produits étaient bons et appréciés donc les affaires tournaient sans effort. Mais, un jour, se firent de plus en plus dépassés, au début, ils rognèrent sur les avantages du personnel lorsque les profits baissèrent, puis ils commencèrent à rationaliser les employés normaux puis arrivés à la masse critique, commencèrent à vouloir mettre au travail leurs pairs.

Las, aucun n’avait jamais travaillé, non seulement ils ne savaient pas comment faire, mais, pire encore, ne connaissaient même pas le métier de leur entreprise.

 

Et ainsi, érodées par le temps, dix entreprises sombrèrent mais les malins d’origine avaient entre temps sauté dans la politique et vendirent à temps leurs parts afin de réinvestir dans dix nouvelles entreprises saines qui désormais bénéficiaient de contrats ou de chantiers d’état mais, en plus, ils se payèrent dix beaux ministères afin de désormais vivre aussi de l’argent public. Car, après tout, il faut bien survivre, n’est-ce pas ?

 

Seulement voilà, la Terre était toujours aussi ronde vingt ans plus tard et il n’y avait pas dix continents…

 

 

Hugues CréPin

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